Au temps en emporte le vent

Loin de moi l’idée de balancer une discussion stérile, mais quand je lis ce genre de truc, ça me remonte le moral.

C’est « Autant pour moi ».

Déjà, ça c’est un site perso : www.langue-fr.net/index/A…

Ensuite, « Au temps pour moi » a été inventé avec internet, cela dit c’est allé très loin puisque depuis, il y a même des références papiers qui le mentionnent. Pour vous en convraincre, il suffit de lire n’importe quel bouquin, de n’importe quel époque pré-internet. Et d’avoir un minimum de logique.
(lien)

(Même s’il se trompe en disant que ça a été inventé avec internet : ça a juste amplifié le phénomène)

21 réponses sur “Au temps en emporte le vent”

  1. Hum. remouk…
    Bon, sinon, comme les commentaires de ce post ne serviront à rien, je te préviens qu’à prioris, je devrais faire un ou deux articles ce w-e.

  2. Le troll sur « autant »/ »au temps » a au moins 10 ans et a déjà eu sa réponse officielle:

    « Déjà, ça c’est un site perso : http://www.langue-fr.net/index/A... »
    1) langue-fr cite plusieurs sources(de livres, corrigés par des correcteurs professionels, datant d’avant internet): où sont ses sources?
    2) voici le « petit site perso » du C4rdin4l de Rich3Li3U: http://www.academie-francaise.fr/langue/questions.html#au_temps

    Histoire d’en rajouter une couche: son seul argument est basé sur une fausse observation(avec laquelle tu sembles d’accord, c’est épatant). Si elle avait lu le petit site perso langue-fr qu’elle critique, elle aurait vu la citation de Sartre(qui n’a pas connu internet).

  3. Pour Le Français correct de Maurice Grevisse et Le Petit Robert, la bonne graphie est « au temps pour moi ». L’origine est sans doute militaire (« temps » successifs de maniement d’arme, voir l’expression au temps pour les crosses).

    L’expression est utilisée par celui qui, investi de l’autorité (quelle qu’en soit la nature), vient de faire commettre une fausse manoeuvre collective et, par extension, par celui qui s’est trompé et s’en rend compte avant les autres.

    Adolphe V. Thomas écrit ainsi dans l’article « temps » du Dictionnaire des difficultés de la langue française (Larousse) :

    « Au temps – autant. Malgré certaines hésitations*, le commandement usité à la caserne, dans les salles de gymnastique, etc., pour faire recommencer un mouvement doit s’orthographier au temps ! (et non autant !) : Il avait dit gaiement « Au temps pour moi ! » (J.-P. Sartre, Le Mur, 156). Voici du monde. Au temps ! Le cocktail dans ma chambre (Tristan Bernard, My Love, I, 1).

    « En effet, un temps, c’est le « moment précis pendant lequel il faire faire certains mouvements qui sont distingués et séparés par des pauses » : Charge en quatre temps, en douze temps. Se rappeler le populaire En deux temps, trois mouvements. De plus, l’italien possède l’expression équivalente, qui se dit Al tempo ! et reproduit littéralement le français Au temps ! »

    (c’était un commentaire qui sert à rien)

  4. ‘Spice de troll monstrueux, remouk :)) Et ‘spice de pas content, MrCastor :P

    Je suis aussi d’avis que le site est beaucoup trop léger en explications ; nous en avons autant dans le post de Fefaine juste au-dessus.

    S’agissant de moi, vous ne me verrez jamais écrire autre chose que « autant pour moi », c’est mon choix ;-)

    Je ne pense vraiment pas qu’il soit grave d’avoir deux graphies de la même expression. Elles peuvent parfaitement cohabiter, tout comme des accents différents ou des habitudes particulières à l’oral.

  5. Oh, c’est pas grave d’avoir deux graphies. Mais se faire reprendre après un « autant pour moi » on ne peut plus légitime, c’est juste super saoulant. Du coup, on se venge comme on peut. (:

    Quant à l’avis de l’académie française (oui, ceux qui veulent nous faire dire pouriel, ASFI et d’autres horreurs), je m’en contrefout.

  6. Euh, « légitime » ?
    La seule source de légitimité c’est l’académie.
    Après, si tu veux ne pas suivre l’académie, il faut l’assumer et dire « je préfère parler un français non conventionnel parceque je le préfère », mais pas « c’est légitime ».
    Parceque l’académie, elle est claire. Je peux même ajouter à son article, un mail à ce sujet, je leur avais demandé de clarifier leur « rien ne la justifie » : est-ce toléré quand même ?
    Réponse :

    Monsieur,

    Une forme ne cesse d’être fautive en devenant courante.

    Cordialement,

    Patrick Vannier

    Débat clos. BOULET.

  7. *VLAN* :D

    Je pense que MrRémond, Sam, Fefaine et Tomath on dit l’essentiel, je me permettrai juste de souligner que tu avances comme argument pour tenter décrédibiliser la graphie « au temps » que langue-fr.net est un « site perso ». Ce que tu fais en citant comme source… un commentaire qu’un mec a laissé sur… un BLOG. Priceless. :D

    Ahlala, on se croirait revenu à la bonne époque des débats sur IRC. o/

    ./

  8. Tomath > Si j’ai suivi ton truc, « autant pour moi » est bien une formulation courante (plus utilisée que « au temps pour moi », demande à ton entourage). En quoi n’est-elle pas légitime ?

    Chrisman > Attention, je n’ai pas utilisé ce commentaire comme argument. Je le cite uniquement pour dire que je suis content de voir que je ne suis pas le seul à ne pas m’être fait avoir. :) Et puis, c’est vraiment un site perso (cf. whois et les rubriques d’info à propos du site). Content de te voir vivant ! o/

  9. Ce qui est non seulement faux mais également stupide, comme déjà dit précédement.
    C’est l’usage qui fait la règle, pas l’Académie. Evidement, si l’Académie avoue ça, c’est avouer son inutilité..

    J’emm.. le Grevisse, là haut, là haut, j’emm.. le Grevisse et la maréchaussée, et la maréchaussée..!

  10. Le mieux est d’éviter de dire « autant »/ »au temps » et le remplacer par « mea culpa » bien que cette dernière orthographe soit incorrecte en réalité.
    Dans le temps, lorsque le tapisseur venait poser du papier peint en utilisant de la mauvaise glue, le propriétaire se plaignait et, pour s’excuser, le tapisseur disait « maiiis euh ‘a colle pas », véritable orthographe. Malheureusement, je suis le seul à connaitre cette vérité.

  11. Déjà, remouk, non, il ne dit pas que l’utilisation d’autant est majoritaire, mais qu’elle est de plus en plus courante.

    Ensuite, Féfaine, j’ai eu la même réaction, j’ai donc répondu, et ils m’ont rerépondu (entre gens urbains…).
    Donc :

    « Qu’est-ce donc qui fait évoluer l’orthographe d’un mot ?
    Il m’aurait paru logique de donner à l’usage ce pouvoir, cet usage
    s’écartant d’une graphie première lorsqu’elle diverge de la forme que
    prend ce son dans la majorité des cas (pour appuyer ça, les
    expériences qui demandent d’orthographier convenablement un mot qui,
    en fait n’existent pas, donnent souvent un résultat clair pour la
    terminaison, alors orthographié pareillement que dans la majorité des
    mots ayant une terminaison de même sonorité : « leau », « tot »…).
    Mais, pour le cas de nénuphar, cette explication ne convient pas
    (« blafard », « cafard », « fare », contre seulement « phare »). »

    Réponse :
    « Monsieur,

    Il n’y avait pas, en ancien français, de règles orthographiques, mais des usages. On essayait à l’époque de retranscrire ce que l’on entendait. Comme on écrivait peu le français celui-ci évoluait phonétiquement plus vite qu’aujourd’hui et l’écrit avait toujours du retard sur la prononciation. Autour du XIIe siècle, l’écrit commence à prendre plus d’importance, et on fixe une orthographe qui correspond plus ou moins à la prononciation de l’époque.

    À la Renaissance, ceux qui écrivent redécouvrent les textes grecs et latins et l’orthographe est alors une orthographe plutôt étymologique. Ensuite, il y a une lente simplification de l’orthographe, lente parce que l’écrit tend à conserver les formes et fixe des usages.

    On trouve une trace très nette de ces évolutions dans les différentes éditions du Dictionnaire de l’Académie française. Conduite par l’abbé d’Olivet, la troisième et la quatrième édition (1740, 1762) consolident les réformes de la deuxième (1718) : appercevoir > apercevoir, subjet > sujet, teste > tête, phlegmatique > flegmatique, mise en place des accents graves et aigus, etc. Environ 5 000 mots voient leur orthographe modifiée dans la troisième édition, qui supprime notamment les s inutiles (forest devient forêt). Voltaire, quant à lui, milite pour le passage de la graphie oi à ai dans François ou j’étois, qui ne sera entérinée qu’en 1835 (sixième édition). En tout, ce sont plus de 8 000 graphies quis seront modifiées dans la troisième et la quatrième édition. Les éditions suivantes (1835, 1878, 1932-1935) marquent parfois le retour à l’étymologie. Les Observations sur l’orthographe française d’A. Firmin-Didot (1867), approuvées par Sainte-Beuve, puis le rapport Gréard (1893), entraînent l’adoption de nouvelles rectifications (rhythme > rythme, college > collége [1740-1835] > collège [1878], tandis que l’Académie progresse dans la voie de l’agglutination des mots composés (entracte, contrebalancer, chienlit, etc) et tolère de nombreux cas de doubles graphies.

    Si ces problèmes vous intéressent, je vous recommande la lecture du Dictionnaire historique de l’orthographe française sous la direction de Nina Catach et publié chez Larousse.

    Cordialement,

    Patrick Vannier »

    En plus synthétique, l’orthographe n’a pas de raison d’évoluer, s’il n’y a pas un motif sérieux (retour à une graphie explicable étymologiquement, simplification souhaitées…), contrairement à ce qui était, avant, le cas.

  12. Moi c’est à chaque fois que j’écrit « au temps » que je me fais reprendre. Comme quoi, y’aura toujours des boulets pour vous montrer qu’ils en savent plus que vous. Qu’ils aient tort ou raison … (et oui, j’en fais parfois partie) ;-p

  13. j’utilise les deux en alternance, sans trop y réflechir, et on m’a jamais posé de problème avec… bof….

    sinon dans les dictionnaires historiques celui d’Alain Rey est très bien.

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